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Poèmes rédigés par les élèves de 3e 11 du Lycée Lyautey de Casablanca, sous la direction de Mme Elisabeth MARTINET, professeur de Lettres Modernes et avec le concours de M. Christophe TOURON, professeur d’Histoire-Géographie, dans le cadre du projet « 1914-1918 / 1939-1945 - Récits et images de guerre - Mémoire partagée » :
ILS L’ONT RETROUVEE…
Pourtant des générations ont passé
Mais la terre est toujours souillée
Par le sang de la violence
Et le désir absolu de vengeance.
De jeunes esprits sont choqués
Par ce qu’on serait tenté d’oublier
Par les horribles armes,
Et les cœurs emplis de larmes.
Longue fut la traversée
Dans le vide meurtrier,
Long fut le voyage
Dans la peur du carnage.
Assis sous la voûte constellée
Ils l’ont enfin retrouvée
La pureté du ciel étoilé
C’est le parfum de la paix…
(Rita CHERKAOUI, 3e 11)
DANS LE CŒUR D’UN SACRIFIE
Il savait pourquoi il se battait
Il adhérait parfaitement à la cause qu’il défendait
Pourtant jamais de sa vie il n’avait eu le désir de tuer.
Il s’était levé, la tête pleine de rêves de liberté et de gloire
Pour lui, le retour de la paix n’arriverait jamais trop tard
Il avait le sentiment de ne pas être là pour rien
La flamme de l’espoir brûlait ardemment en son sein.
Mais tout cela est fini
Le fer de l’ennemi
Vient de lui ôter l’âme sans que ne coule aucune larme,
Sa mort, comme celle de tous ses camarades est un horrible drame.
Déjà, son corps abandonné sombre dans la boue
Et ses yeux, jadis pétillants, ne sont plus que les messagers
de son éternelle tristesse
A jamais figés sur le champ de bataille, théâtre de la folie des hommes
et de leur détresse.
Un jour, arrêtez-vous sur un lieu de mémoire et écoutez
L’âme errante d’un soldat, dans l’oreille vous murmurer de ne jamais oublier
Ce qu’ont accompli pour vous des hommes, qui se sont sacrifiés
Pour le retour de la paix.
(Réda ZORBA, 3e 11)
(Jamil LAHLOU, 3e 11)
A-T-ON LE DROIT D’OUBLIER?
A-t-on le droit d’oublier
Ces vallées grisonnantes,
Ces rivières rougeoyantes
Sous un soleil voilé ?
A-t-on le droit d’oublier
L’hymne morbide des obus jaillissant de l’encre noire de la nuit,
Les gémissements saccadés de ces hommes endormis,
Le silence à jamais arrêté ?
A-t-on le droit d’oublier
Ces matins d’hiver, où les membres engourdis
Dans un berceau de boue se réveillent ensevelis ?
A-t-on le droit d’oublier
La puanteur des champs
Couverts de cadavres et imbibés de sang ?
A-t-on le droit d’oublier
Le pas cadencé de ces soldats accomplissant leur devoir,
Le son des cuivres aigus, rythmant leurs espoirs,
Le courage de ces hommes qui se sont sacrifiés,
Le prix de leurs souffrances pour une paix espérée ?
(Tama ZBAIR, 3e 11)
LA MARCHE VERS L’OMBRE
Pauvre soldat inconscient
Marchant à contre-courant
Vers le néant.
Sa vie est loin d’être facile
Dans les tranchées, elle ne tient qu’à un fil.
Sous les yeux terrifiés des uns,
Au milieu de l’ennui des autres et des sombres chagrins
Un obus déchire le ciel…
Le soldat est touché, clos à jamais seront ses yeux de miel.
C’est dans un tir que s’est ainsi évanoui son sourire
Qui a laissé place à la nostalgie des souvenirs.
Des perles couleront sur les joues de sa bien-aimée
Jeune veuve de guerre à la morne destinée.
Pour ce pauvre soldat, béni des dieux sera le guide
Qui l’emmènera loin de ces miasmes morbides.
C’est le cœur plein de songes funèbres
Que s’envolera à jamais cet homme vers l’ombre des ténèbres.
(Kenza TAHRI, 3e 11)
AVOIR 20 ANS DANS LA GUERRE
Hier j’ai eu 20 ans,
Je suis encore un adolescent.
Que se passe-t-il maman ?
Pourquoi devrais-je tuer ces gens ?
Je ne veux pas faire la guerre,
Je viens tout juste d’arriver sur Terre.
Il me reste tant à faire
Et la guerre pourquoi faire ?
Je veux grandir, me marier et avoir des enfants,
Avec eux voyager et rencontrer des gens,
Donner de l’amour tous les jours
Non, maman, ce n’est pas mon tour !
(Sophian JAYAL, 3e 11)
DES FRERES D’ARMES
De simples hommes inhumés dans un Carré militaire,
Séparés par un mur de poussière
Et qui s’étaient unis, dans un monde de guerre.
Jour après jour, nuit après nuit,
Ils avaient partagé les mêmes épreuves de la vie.
Ayant appris à se connaître,
Une véritable fraternité d’armes venait de naître.
Cette étincelle d’humanité
Réconfortait des corps et des âmes blessés,
Elle galvanisait ces hommes dans les combats acharnés
Au cours desquels tant d’eux mouraient.
Vivant dans les cieux, un soleil éclaire toujours cette fraternité.
Ses rayons réchauffent le cœur des frères d’armes, dont l’amitié
Est restée plus forte que l’ombre froide de la guerre et sa brutalité.
(Yasmine DESSOUT, 3e 11)
LA GRANDE GUERRE
Soldats de toutes les armes et officiers meurtris
Par tant de haine envahis,
Tirailleurs et spahis
Qui exposaient tant leur vie !
Ils déambulaient parmi les rats, les poux
Dans le froid et la boue…
Si loin était le réconfortant espoir
De cette ultime victoire !
Pouvaient-ils encore y croire ?
De souffrances inutiles et d’obstacles alentour,
Sinistre paysage où ne régnaient que « vautours ».
Ils s’y entretuaient comme des marionnettes
Avec leurs terribles baïonnettes.
Devant tant de sacrifices
Les soldats des armées victorieuses reçurent comme une justice
La nouvelle de l’Armistice…
(Tarik BENNIS, 3e 11)
(Ilias MARMECH, 3e 11)
LA MORT ETAIT NOTRE COMPAGNE
Devant nous, mugissaient des canons prêts à tirer.
Dans nos tranchées nous attendions dans l’angoisse d’être tués
Sous une pluie d’obus stridente prête à nous décimer.
Nos ennemis étaient pareillement brutalisés,
Lors des assauts point d’humanité.
Les rangs étaient formés prêts à attaquer
Pour être fauchés par la mort aux aguets.
Chaque jour voyait les camarades tomber
Abandonnés dans l’enfer des tranchées.
Certains furent décorés, d’autres oubliés,
La plupart avaient témoigné du même courage et
de la même loyauté.
(Rayhane EL KHOUROUJ, 3e 11)
(Stefano LORENZATI, 3e 11)
CE SOIR LA A VERDUN
Ce soir là à Verdun, une pluie d’obus tombait,
Vers la lune blanchâtre des cendres montaient
Au cœur des tranchées, nous étions tous blottis
Voulant échapper à tout prix aux tirs ennemis.
Dans cette forêt dévastée, nous entendions éclater
De nombreux obus allemands qui venaient briser
Le silence pesant et le ciel si froid
Sous lequel, pauvres soldats, nous n’avions plus de toit.
Dans un poste de secours gisaient des membres amputés
Que nos infirmiers venaient de couper à des poilus effondrés.
Que de douleur pour ces tristes mutilés,
Symboles de l’enfer de Verdun et de l’horreur des tranchées !
(Réda LATRACH, 3e 11)
(Hamza MERNISSI, 3e 11)
ESPOIR, AU REVOIR !
La vie pour lui commence
Mais c’est déjà la fin.
Courte existence
Qui s’arrête au bout du chemin.
Il n’a pas eu le temps !
Le temps de grandir,
Le temps de construire.
Jeunesse gaspillée,
Jeunesse emportée.
Innocence juvénile
Aux conséquences terribles,
Il était persuadé de revenir
Et ne pensait pas mourir…
Fils de la guerre,
Triste militaire,
Il a perdu pour toujours
L’espoir de vivre de beaux jours.
(Sophian JAYAL, 3e 11)
SEUL…
Seul dans la nuit, un soldat se redresse
Il souffre… Il a mal… Une balle l’a blessé.
Le ciel lui semble parsemé des éclats de son cœur,
Un cœur détruit et ravagé par la peur.
Celle-ci est si grande à présent
Que rien ne paraît plus important.
Pas même l’ignoble souffrance dans ses veines, dans son sang
Qui semble avoir arrêté le temps.
A perte de vue, la folie humaine,
La lune fait briller ses armes
Cette ferraille, qui sème la haine
Et dans ses yeux un flot de larmes…
Un obus explose, le silence part en éclats.
Il a atterri là, tout près, sans le toucher.
Ni cris, ni plainte, il n’a pas le droit
Lui n’a pas été tué, il se tait.
Autour de lui, l’horreur de la guerre.
Des corps inertes gisent, sans vie, sans bruit.
Seul, il doit affronter la violence dernière
Et supporter la douleur et l’effroi qui paralysent son esprit.
Encore une pluie d’obus…
Leurs éclats, cette fois-ci, lui transpercent le corps.
Il est mortellement touché,
Il s’effondre, et dans un dernier souffle pleure…
Toutes ces larmes qu’il a gardées,
Toute cette peur qu’il a enfouie,
Toute cette douleur coule à présent sur ses joues.
Il va mourir il le sait, alors il a le droit de pleurer
Pleurer pour renier les horreurs de la guerre
Pleurer sur ces horreurs de la vie…
(Malak EL BOURI, 3e 11)
MON AMI DE TOUJOURS
Mon ami que t’ont-ils fait, ils t’ont pris, enlevé
Ces soldats ennemis sans pitié
Meurtris par les coups de ces derniers,
Tu gisais là, lorsque je t’ai trouvé.
Mon ami de toujours, avec qui je partageais tant d’instants privilégiés
Malgré que tu te sois retiré
Tu resteras à tout jamais
Le compagnon de mes pensées.
Il m’arrive souvent de me remémorer
Nos dernières journées partagées
Où, brancardiers, nous nous occupions des blessés
Et où malgré cette guerre acharnée
Nous évoquions notre doux passé.
Notre amitié restera pour toujours un cadeau inégalé
Que jamais je ne retrouverai
Ni en profondeur, ni en intensité.
Je te dédie mon ami ces quelques vers rédigés
En attendant le jour où je te retrouverai…
(Soufiane CHAROUB, 3e 11)
UN SOLDAT EST MORT
Dans un dernier souffle, il regarde autour de lui,
Des projectiles et des obus, sous la terre enfouis.
D’un œil affaibli, il nargue encore l’ennemi.
Autour de lui, une multitude de corps inanimés, assoupis.
L’odeur du sang respiré, il vient d’expirer.
Son ange est à ses côtés depuis que l’éclat d’obus l’a transpercé.
Il s’empare alors de l’âme du corps maintenant las
Qu’il guide sur la voie de l’Au-delà…
Ici-bas une histoire à partager est désormais brisée,
Sa famille en est traumatisée.
Ainsi donc l’espoir s’est envolé
Mais l’amour de ses proches subsistera à jamais…
(Manal SAMIE, 3e 11)
(Zineb SAIGH, 3e 11)
N’OUBLIONS JAMAIS QUE…
Dans l’horreur des tranchées ils se sont battus.
Devenus fous, sous un déluge de feu et de fer ils ont couru
Dans les plaines, labourées par les obus,
Un à un, à genoux, en pleurs, en prières, la tête haute, ils sont tombés.
Certains avaient le courage d’achever un ami, de s’aventurer dans les sapes,
Même quand la mort les attendait ;
D’autres ont eu la folie d’éventrer de leur baïonnette, le visage embrasé
d’une joie démoniaque,
Un homme qui ne leur avait rien fait,
De faire exploser un abri entier pour ébranler la Terre et admirer la fumée se dégager du cratère.
Certains hurlaient du matin au soir pour exorciser leur douleur,
D’autres restaient muets et serraient les dents pour combattre leur peur.
Qu’ils acceptent le sacrifice
Ou qu’ils hurlent à l’injustice,
Leur sort était scellé
Obligés de servir leur Etat-major avec loyauté.
Ils ont marché parmi les cadavres décharnés de leurs ennemis,
Attendant avec frayeur leur propre mort sans répit.
Dans un sommeil agité, ils rêvaient de quitter cet enfer
Mais au réveil, le cauchemar éveillé les replongeait dans les sombres abysses de la plus hideuse des guerres
La Grande Guerre, qui a détruit les hommes et mis à nu leur bestialité,
La Grande Guerre, qui a dressé aux charognards des banquets dépassant la voracité des plus affamés,
La Grande Guerre, qui devait être pourtant la dernière…
La guerre n’a rien de monumental et d’épique
Car elle génère une situation terrible, insoutenable, particulièrement critique.
Mais comme les poilus étaient des braves qui ont accompli leur devoir
Ne les oubliez jamais et dîtes-vous que leur labeur
A constitué une des bases du grand édifice de la paix dans sa plus simple splendeur.
(Réda ZORBA, 3e 11)
(Jamil LAHLOU, 3e 11)
DELIVRANCE !
Terre, tu es ma patrie,
Paix, tu es mon espoir.
Ta langue chante un hymne,
L’hymne de la vie et de l’amour.
Mais que faire face aux horreurs de la guerre qui me poursuivent ?
Que faire de ces odeurs qui m’étouffent ?
Que faire face à ces souvenirs qui me hantent
Et ces visions qui m’aveuglent ?
Guerre, tu as donc été malheureusement mon destin.
Ton langage n’est que terreur.
Et mon cœur empli de douleur
Crie à corps perdu : Délivrance !
(Ouliess GUEDHANE, 3e 11)
CELA DEVAIT ETRE LA DER DES DER
Cela devait être la Der des der
Cette maudite Grande Guerre,
Cela devait en être fini
De tous ces fusils.
Boueuse dans les tranchées
Si douloureuse pour les armées
Et pourtant en 1939 elle revient
Comme un autre Verdun.
Sanguinaire comme la première
Avec encore plus d’horreurs,
Sur l’eau, la terre et dans les airs
Un véritable déluge de feu et de fer.
De nouveau la peur,
Ces mêmes hurlements effrayants
Qui déchirent les cœurs
Et toujours ces millions de morts parmi les innocents.
(Alexandre DELAYE, 3e 11)
DESTINEE
Le son des tambours retentissait,
Le sort de ces hommes était déjà scellé,
Ils n’avaient pas choisi leur destinée
Et ne pensaient pas laisser leur vie dans les tranchées.
Ces combattants étaient courageux
Alors que la fin approchait pour nombre d’entre eux.
Face à leur destinée, leur cœur tremblait,
Mais face à l’ennemi les regards se durcissaient.
Des millions de soldats défendaient leur pays,
Des innocents quotidiennement perdaient la vie.
Au lever du jour sur les champs de bataille meurtris
Les rayons du soleil levant caressaient des visages froids
La mort, hélas ! achevait son travail pour la énième fois.
Aujourd’hui il serait temps de mettre fin aux guerres
Qui n’engendrent que la misère.
Il est temps de guérir les plaies de l’Humanité
En scandant le mot Paix !
(Hind BOUJYDAH, 3e 11)
TUE A LA FLEUR DE L’AGE
Bleu était son regard d’adolescent
Le soleil de mars donnait à ses 17 ans
La force, la beauté et la joie de vivre, quand…
Arriva la missive, au détour d’un printemps.
Il lui fallut partir, servir sous les drapeaux
Dans son uniforme, il était si beau
Fier et élégant, à la fleur de l’âge
Prêt à défendre sa patrie avec courage.
Mais l’été céda sous le poids des orages d’acier
Des déluges d’obus ne cessaient de l’assommer,
La faim, la soif, la souffrance et la mort
Devinrent ses compagnes, son horizon, son triste sort.
Il le rencontra dans un trou d’obus, un matin, comme lui l’âme torturée
L’épuisement au corps, la peur au visage tiré.
Bleu aussi était son regard d’adolescent
Qu’il croisa perplexe et hésitant.
Mais l’uniforme vert gris, soudain menaçant
Lui ôta la vie, sans lui laisser le temps
De penser que ce jour serait pour lui le dernier
Et qu’à la fleur de l’âge il ne verrait pourtant plus de printemps arriver.
(Nadah EL ARABI, 3e 11)
Date de création : 04/02/2007 @ 01:07
Dernière modification : 04/02/2007 @ 01:41
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